Qui étaient les Indo-Européens originels ?

février 22, 2009

Devant l’évidente ressemblance des racines des mots des langues Européennes et de nombreuses langues majeures de l’Asie du sud et centrale (Iran, Inde, Afghanistan, Pakistan, Kurdistan, Tadjikistan, Xinjiang, etc…), les chercheurs ont bien vite supposés un lien de parenté entre ces langues. Les études ont eues tôt fait de confirmer de manière certaine que ces langues avaient bien une origine commune. Cette famille de langue a été appelée les langues Indo-européennes et leur ancêtre commun le proto-Indo-européen.

En effet, on peut dire que le Français est apparenté à l’Hindi, l’Allemand au Farsi (la langue Iranienne), le Gaëlique au Kurde, le Latin au Sanskrit (Langue Indo-européenne Indienne antique), etc … Toutes ces langues sont parentes entre elles. Les analogies sortent du champ de la linguistique pour se poursuivre dans le champ culturel. En effet, il y a parfois des ressemblances troublantes entre les religions et cultures de l’antiquité Européenne et, par exemple, les textes les plus anciens de l’hindouisme. La parenté se lit parfois jusque dans le nom des dieux (le Dyaus pitar de l’hindouisme rappelle le Jupiter des Romains ou le Zeus  (aussi dénommé parfois Zeus pater) des grecs, ayant pour origine un antique dieu père-ciel. Parfois la personnification des dieux eux-mêmes est similaire. Ainsi, l’Indra du RigVeda, texte sacré antique le plus ancien de l’hindouisme, rappelle étrangement Thor, le dieu du tonnerre du panthéon Scandinave (Indra est le dieu guerrier des éléments météorologiques, il écrase les êtres maléfiques (comme par exemple Vritra, un serpent géant) avec sa masse d’armes, nommée Vajra, qui est le symbole de la foudre. Indra trouve son reflet dans Thor, qui écrase les êtres maléfiques (comme Jörmungandr, le serpent géant qu’il combat au Ragnarök) avec son marteau nommé Mjöllnir, qui est le symbole de la foudre et du tonnerre [ndr : d'une racine Indo-européenne qui a donné aussi malleus (marteau en Latin, donnant maillet en Français) et qui est sans doute à l'origine d'une racine Indo-européenne désignant la foudre (après tout, la foudre "frappe" - d'ou l'idée de marteau/masse/massue s'abattant), et que l'on trouve dans le Russe molniya, le Lituanien milna et les mots Gallois mellt et mellen]. D’autres divinités Indo-européennes antiques, par exemple le Perkunas Balte, le Perun Slave, le Taranis Gaulois, le Tarhun Hittite et d’autres, sont aussi très similaires.

Ce constat d’une origine linguistique commune de l’immense majorité des langues de l’Europe et de nombreuses langues d’Asie centrale et d’Asie du sud, ainsi que les points communs dans les cultures et religions anciennes de l’Europe païenne et des cultures anciennes et récentes des régions Asiatiques précitées, amène à se demander comment une culture et une langue (un hypothétique mais très vraisemblable langage proto-indo-Européen) a pu se répandre avec une telle ampleur à travers de telles distances parmi des peuples si différents. Qui étaient ses locuteurs originels ? Quelle était leur origine ?

Pour certains, cela ne peut que signifier une invasion de l’Europe par des peuples Asiatiques issus d’Asie Centrale ou du Sud, il y a de nombreux millénaires (voire de populations issues d’Anatolie (actuelle Turquie) ayant apportées l’agriculture en Europe, pour Colin Renfrew).

Une autre théorie existe, la théorie dite des “Kourganes“, qui pose que depuis les bords de la mer noire, en Ukraine et en Russie du sud, des gens appartenant a une civilisation de peuples blancs de type Européen, connue comme la culture des Kourganes – plus spécifiquement comme les Cultures Sredny Stog entre 4500 et 3500 avant J.C. et de Yamna entre 3500 et 2200 avant J.C. (Les cultures de Samara et de Khvalynsk, autour de -5000, semblent aussi représenter un stade antérieur de cet ensemble culturel) -  aient migré pour partie vers l’est et le sud-est, vers l’Asie Centrale, tandis que d’autres étendraient leur influence vers l’ouest et l’Europe, s’imposant et se fondant progressivement avec les autres peuples blancs habitant l’Europe, au cours des siècles. L’archéologie garde, semble-t-il, la trace de ces mouvements de peuples pasteurs du nord de la mer noire, aussi bien en Europe qu’en Asie et identifiés ici comme étant les Indo-européens originels (Des emprunts d’un stade ancien de l’Indo-européen, peut-être le proto-indo-européen, peuvent être trouvés dans les langues Finno-ougriennes, ce qui donne bien entendu un certain poids à cette théorie ; voici quelques rapides exemples issus du travail des spécialistes : proto-indo-européen *wed-er/en (“eau”), *h3neh3mn- (“nom”), *wosa (“marchandise”, “acheter”) et leur équivalent en proto-Ouralique *wete, *nime- et *wosa. Pour prendre un exemple plus concret, on comprend qu’il est difficile de ne pas relier ces mots des deux langues Tokhariennes, kälk- et kalák- signifiant “aller”, et le Finlandais kulkea signifiant aussi “aller” (on verra que l’on y trouve aussi des mots issus de stades très ancien de l’Indo-iranien)).

Sans doute installés jusque dans les environs du nord de l’Afghanistan vers 2000 avant J.C. (sans doute issus de la culture Andronovo d’Asie centrale) les migrants Indo-européens en Asie se seraient répandus dans le nord-ouest de l’Inde entre 1800 et 1600 avant J.C., puis dans toute sa moitié nord, enfin plus tard, dans l’est de l’Iran.  (Plus de détails sur l’Inde et la ressemblance du Sanskrit à des langues européennes antiques comme le Latin)

Expansion Indo-Européenne supposée

Expansion Indo-Européenne supposée jusque vers l'an 1000 avant J. C.

Y a-t-il une quelconque preuve indiscutable de tout cela ? Non, pas vraiment.
Néanmoins, des indices concordant pointent souvent dans la même direction.

Ainsi par exemple, sur cette étendue où l’on parle des langues ayant une origine commune, et ayant eu des traits culturels communs, l’on trouve aussi des points communs génétiques, semble-t-il.

Les études génétiques montrent que sur quasiment toute l’étendue géographique où l’on retrouve des langues Indo-Européennes (ou éventuellement où il y en eût dans le passé), l’on retrouve un haplogroupe (1) R1a (avec des quantités très variables : de beaucoup à très peu), un des seuls éléments génétiques véritablement communs sur ces régions étendues.
De là, il est possible de conjecturer que le peuple porteur de cette signature génétique (précisément l’haplogroupe  R1a1a, du type ADN-Y) a été le vecteur d’Indo-européanisation de l’Europe et de l’Asie centrale ainsi que de l’Asie du sud.

Or cet haplogroupe semble bel et bien appartenir a un peuple Europoïde (On a du moins la preuve que des peuples Europoïdes de la fin du néolithique étaient porteurs de cet haplogroupe (quelques précisions complémentaires sur R1a1a)).

Le constituant principal des peuples Européens en pourcentage de leur population totale est l’haplogroupe R1 lequel est divisé en 2 sous-groupes majeurs, R1a et R1b (et chacun d’eux en d’autres sous-groupes).

R1b, parent du R1a, est l’haplogroupe majoritaire en Europe de l’ouest et R1a est très présent en Europe de l’est et en proportion non négligeable en Europe du nord (environ 25-30 % des hommes en Norvège ont ce marqueur génétique, par exemple).

Sur toute cette étendue géographique Eurasienne, on retrouve aussi des haplogroupes ADNmt U et H qui sont sans doute, du moins en Asie (car en Europe, ils ne sont pas seulement représentatifs des peuples Indo-européens originels), associés aux Indo-européens (l’haplogroupe H est l’haplogroupe ADNmt le plus répandu d’Europe). D’autres haplogroupes ADNmt sont visiblement concernés mais les choses sont en général moins claires à démêler pour eux.

——————————————————————————————————————————–

(1) Les haplogroupes sont des signatures génétiques qui identifient différentes lignées humaines suite à des “mutations” de l’ADN, et qui peuvent servir a identifier des groupes humains sur une base ethnique.
Il y a deux ensembles d’haplogroupes. Certains marqueurs les identifiant se trouvent sur le chromosome Y (
haplogroupe ADN-Y ) et permet de déterminer l’appartenance ethnique de l’ancêtre masculin le plus lointain ayant eu cette signature génétique, de manière exclusivement patrilinéaire (le père du père du père du père du père  etc…). L’autre ensemble d’haplogroupes est identifié à partir de l’ADN mitochondrial (haplogroupe ADNmt ) et cet ADN est transmis de manière strictement matrilinéaire (la mère de la mère de la mère de la mère, etc…) et permet de déterminer l’appartenance ethnique de l’ancêtre féminin le plus lointain ayant eu cette signature génétique propre.

Carte des haplogroupes déterminé via l'ADN du chromosome Y.

Carte des haplogroupes déterminés via l'ADN du chromosome Y.

——————————————————————————————————————————–

Les peuples Européens sont constitués principalement des haplogroupes (ADN-Y) R1 (R1a, R1b) et I (I1, I2a, I2b) à cela se rajoute des haplogroupes plus spécifiques d’autres régions du monde (Moyen et proche orient, Afrique du nord, peuples Ouraliques du nord de l’Eurasie génétiquement proches des Asiatiques d’extrême orient). Pour les haplogroupes de l’ADN mitochondrial (lignée féminine), il y a de nombreux haplogroupes “Europoïdes” dont les principaux sont H et Ude nombreux de leurs sous-groupes sont typiquement europoïdes, du moins – (U et K, car K est en fait une évolution de U8 et est au bout du compte de la même famille), que l’on trouve aussi sur tout l’espace géographique accueillant où ayant accueilli des peuples Indo-européens (en proportions variables).

———————————————————————————————————————————–

Petite parenthèse éclairante : Quittons un instant les Indo-européens. On trouve ces deux haplogroupes ADNmt Europoïdes aussi au Maghreb en nombre assez important (H et U (quelques U5, mais en l’occurence surtout U6, qui lui, n’est sans doute pas à proprement parler “europoïde” bien qu’originellement Eurasiatique) et aussi un autre haplogroupe ADNmt répandu en Europe, l’haplogroupe V. On trouve aussi un haplogroupe ADN-Y Europoïde, R1b (l’haplogroupe ADN-Y typique des Berbères est du type E1b1b1b, une lignée originellement est-Africaine), en particulier de manière assez importante chez les Kabyles, ce qui explique sans doute leur assez fréquents phénotypes Européens pour une population d’Afrique du nord (Quelques exemples de phénotypes Europoïdes du Maghreb). Des os d’une population de la région du Taforalt (dans les montagnes Marocaines du nord), vieux d’environ 12000 ans (et donc datant sans doute d’avant l’arrivée des peuples parlant une langue Afro-asiatique (à l’origine de la langue Berbère)), on été trouvés. Ces ossements étaient tous d’haplogroupes “eurasiatiques”. Ces os étaient majoritairement de l’haplogroupe ADNmt U ou H, haplogroupes fréquents en Europe (article source en format PDF).

On peut supposer qu’avant que les peuples “Afro-asiatiques” n’arrive de l’est de l’Afrique [(origine supposée de la population à l'origine du noyau de la langue Berbère, qui en se mélangeant avec les populations locales d'Afrique du nord de l'époque, ont formés ainsi le peuple Berbère que l'on connait actuellement) il y a peut-être environ 10000 ans [une origine vers le nord-est de l'Afrique (où le sud du proche-orient ?) est aussi envisagée et pourrait expliquer la présence de certains haplogroupes Eurasiatiques dans la population, mais pas tous)], des peuples Europoïdes (apparemment aussi parfois avec des caractéristiques telles que des peaux pâles, des cheveux blonds et des yeux bleus puisqu’on en trouve toujours au Maghreb) habitaient l’endroit, ce qui expliquent ces caractéristiques Europoïdes chez certains Africains du nord modernes, tels que les Kabyles d’Algérie. Une explication beaucoup plus convaincante et plausible que les esclaves Européens raflés en Europe du sud et les quelques Vandales et Alains du 5ème siècle, ayant fondés un royaume en Afrique du nord (dans ce qui est aujourd’hui la Tunisie). La répartition des phénotypes Européens en Afrique du nord ne plaident pas tellement pour la thèse “Vandale” ou “barbaresques” (encore qu’un apport Vandale n’est pas à exclure totalement chez les Kabyles). On sait qu’il a existé une culture dite Ibéro-maurusienne supposé être le résultat d’une migration de cro-magnoïdes (de type dit “Mechtoïde”) venus de la péninsule Ibérique (d’où le nom). La culture Capsienne, apparaissant sans doute vers les -8000, en Afrique du nord, est supposée par certains marquer la présence de peuples Afro-asiatiques venus de l’est (les avis divergent sur la question).

Cela pourrait peut-être aussi expliquer la présence de phénotypes Europoïdes en Egypte ancienne.

Voici par exemple la statue, découverte en 1871 par Auguste Mariette, de  Rahotep (grand prêtre d’Héliopolis, général, et prince de Pe, une des villes saintes de l’Egypte antique et fils du Pharaon Snéfrou, premier Pharaon de la 4ème dynastie de l’ancien empire (qui règna environ de -2575 à -2550)  et prédécesseur de Kheops. Certains le pense le fils du Dernier pharaon de la 3ème dynastie, Houni) et Nofret (ou Néfret) sa femme :

Rahotep, personnage important du début de la 4ème dynastie de l'ancien empire

Rahotep, personnage important du début de la 4ème dynastie de l'ancien empire

Visage de Néfret (Nofret), femme de Rahotep (environ 2550 avant J. C.)

Visage de Néfret (Nofret), femme de Rahotep (environ 2550 avant J. C.)

Quelques autres exemples de phénotypes Europoïdes dans la statuaire de l’Egypte antique

A noter que des haplogroupes Europoïdes ont été trouvés en très petite quantité dans la population moderne de la région (appartenant à des sous-clades des haplogroupes ADN-Y R1 et I et ADNmt U et H).

Plus d’informations sur les sujets évoqués dans cet encart sont consultables ici.

———————————————————————————————————————————–

Partout où la présence Indo-Européenne en Asie a été importante, on trouve l’haplogroupe R1a. C’est le cas dans le Nord/Nord-ouest de l’Inde, dans une grande partie de l’Afghanistan et du Tadjikistan, le Xinjiang, et dans l’est de l’Iran, berceau de la Perse. Iran dont le nom, de manière significative, veut dire étymologiquement “Terre des Aryens” (d’après un mot en proto-Iranien, Aryanam, donnant Eran en moyen-Persan (Etymologie d’Iranici en Anglais (plus complet)). Les Aryas (mot Sanskrit) sont sensés être un peuple Indo-européen ayant apporté avec lui une langue Indo-européenne antique à l’origine des langues Indo-européennes parlée en Asie centrale et en Asie du sud. Il est question de ce peuple Indo-européen dans la tradition Védique (2) (ensemble de textes sacrés (les Vedas) à l’origine du Védisme, la religion à l’origine de l’Hindouisme), même si l’interprétation du mot Arya est sujet à discussion. La tradition Iranienne antique (Perse) est plus explicite et utilise clairement le terme Arya comme dénomination ethnique, notamment dans l’ Avesta, ensemble de texte religieux sacrés de la Perse antique (probablement composés autour de 1000 avant J. C.), du sage Zarathoustra (aussi appelé Zoroastre, supposé avoir vécu vers -1000, et pour certains plutôt vers -600).

(2) [Veda est le mot Sanskrit qui veut dire Savoir, Sagesse dont on retrouve des parents dans les langues Indo-européennes d'Europe comme le verbe Suédois veta "savoir", weten en Hollandais avec le même sens, wit ou wisdom en Anglais (respectivement intelligence et sagesse), on le retrouve avec un glissement de sens dans le verbe Latin videre (voir) donnant video... et même dans notre mot druide ! (du Gaulois druvid- : dru- (très, beaucoup, fortement ; toujours présent dans l'expression "il pleut dru"), vid- (savoir), donc littéralement une personne sachant beaucoup), mais aussi dans les verbes Russes vedat' (savoir) et videt' (voir) et dans bien d'autres langues d'Europe]

Darius Ier, le plus grand Empereur Perse (né en -549 mort en -486 ) fait écrire sur une inscription gravée à Naqsh-e Rostam :
Je suis Darius le Grand Roi, Roi des Rois, Roi de pays contenant des hommes de toutes sortes, Roi dans cette grande terre large et étendue, Fils d’Hystaspès, un Achéménide, un Perse, fils de Perse, un Aryen, d’une lignée Aryenne.

Empire achéménide

Empire Achéménide de l'époque de Darius le Grand

Le peuple Indo-européen nommé Arya, les fameux Aryens – peuple historique Indo-européen dont le nom, suite aux tribulations du 20ème siècle, est entaché (Le sanskrit Arya venant apparemment d’une antique racine Indo-européenne ar- signifiant valeureux, noble (mais qui aurait pu tout simplement à l’origine être une désignation ethnique désignant un membre de cette communauté) qui aurait donné aristos en Grec ancien (à l’origine de notre mot “aristocrate” via aristokratos, littéralement “le pouvoir aux meilleurs” ou “le pouvoir aux plus nobles”)) seraient arrivés dans le nord-ouest de l’Inde sans doute entre 1800 avant J.C. et 1600 avant J.C. (et un peu plus tard en Iran, à la suite d’un autre mouvement de population, cette fois de la branche Iranienne des langues Indo-iraniennes), venant d’Asie centrale, issus de la culture Andronovo (bien que l’origine du proto-indo-iranien est parfois supposé être la culture Abashevo de Russie) [plus de détails seront donnés dans les articles suivants et la section critiques-réponses].

On retrouve aussi certains symboles sans doute liés à la culture de ces proto-Indo-européens, de l’Inde à l’extrême nord-ouest de l’Europe. Ainsi, la swastika, ce symbole positif en Asie (et autrefois en Europe) qui est devenu en Europe un symbole mauvais à la suite des évènements politiques du 20 ème siècle, se retrouve chez quasiment tous les peuples Indo-Européens (Indiens, Iraniens, Slaves, Germains, Hittites, Grecs, Latins de l’antiquité et Celtes ou il est plus généralement représenté sous la forme d’un Triskel).

Collier à swastikas trouvé à Kularaz dans la province de Gilan (Iran) datant du premier millénaire avant J. C. (Musée National d'Iran)

Collier à swastikas trouvé à Kularaz dans la province de Gilan (Iran) datant du premier millénaire avant J. C. (Musée National d'Iran)

Broche appartenant sans doute au peuple Germanique des Alamans de la période des grandes invasions

Broche appartenant sans doute au peuple Germanique des Alamans de la période des grandes invasions

Swastika sur la tête d'un religieux d'Asie. La swastika est un symbole bénéfique en Asie très répandu.

Swastika sur la tête d'un religieux d'Asie. La swastika est un symbole bénéfique très répandu en Asie.

Swastika sur un temple Bouddhiste de Taïwan. La Swastika est un symbole majeur des religions d'Inde (Hindousime, Bouddhisme, Jaïnisme)

Swastika sur un temple Bouddhiste de Taïwan. La Swastika est un symbole majeur des religions originaires de l'Inde (Hindouisme, Bouddhisme, Jaïnisme)

Un autre fait qui pourrait être vu comme un indice, a à voir avec les fameuses momies du Xinjiang (Le Turkestan Chinois, situé au nord du Tibet, dans le bassin du Tarim du desert du Taklamakan, sorte d’annexe du désert de Gobi à la même longitude que l’Inde).
Dans cette région aride et hostile ont été découvertes des momies parfois très anciennes dans un état de conservation admirable.

Momie de type Européen trouvée dans le Bassin du Tarim dans le nord-ouest de la Chine.

Momie de type Européen trouvée dans le Bassin du Tarim dans le nord-ouest de la Chine.

La surprise est venue du fait que ces momies avaient l’air d’être des momies d’européens, ce qui était plutôt inattendu dans l’ouest de la Chine. Les traits, la morphologie et la couleur des cheveux (blonds, roux, châtain) semblait indiquer une origine Européenne. Des Tartans (tissu écossais) typiques de l’Europe ont aussi été retrouvés (datant d’entre -1200 et -700).

Tartan du bassin du Tarim trouvé à Urumqi (Xinjiang). Ce genre de motif est normalement typiquement rattaché au peuple Indo-européen Celte.

Tartan du bassin du Tarim trouvé à Qizilchoqa (Xinjiang). Ce genre de motif est normalement typiquement rattaché au peuple Indo-européen Celte.

Les tests génétiques sur des restes humains anciens du bassin du Tarim, ont confirmés que ces populations avaient bien une composante importante ouest-Eurasienne en leur sein (certaines des signatures génétiques précises relevées parmi cette ancienne population, sont d’ailleurs trouvées à travers toute l’Europe (voir entre autres cette étude de 2010 confirmant aussi que les hommes étaient de la lignée R1a1a)).

Homme de Cherchen, 1000 avant J. C.

Homme de Cherchen, 1000 avant J. C.

La présence de ce peuple remet d’ailleurs en question le développement supposément en vase clos de la civilisation Chinoise, car ce peuple Europoïde, aux marches de la Chine antique, était apparemment plus avancé dans le domaine des textiles et de la métallurgie que les chinois de l’époque. Ils pourraient avoir aussi apportés la domestication du cheval et le char en Chine antique.

Femme déterrée à Cherchen datant de 1000 avant J.C.

Femme déterrée à Cherchen datant de 1000 avant J.C.

De vieux textes Chinois évoquent la présence dans ces régions de gens aux cheveux roux et blonds et ayant les yeux bleus et verts.
La présence de peuples Indo-européens dans ces régions est attestée (Tokhariens (Parmi ces peuples Tokhariens, certains étaient appelés Yuezhi par les Chinois (et les Quanrong pourraient aussi en avoir été)), Wusun , Kushans, etc…). Les momies du bassin du Tarim sont sans doute les proto-Tokhariens, du moins en partie (suite au premier peuplement Indo-européen, une deuxième vague Indo-européenne, apparemment d’origine Scythe (Saka), est venue se greffer quelques siècles plus tard).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Tokhariens

Extrait d’article, sur un peuple supposé être Tokharien, à travers d’anciens écrits Chinois

Vers l’an 800 de notre ère, des peuples Turco-mongols ont envahis ces régions et depuis lors la région est Turcophone et le type physique largement typé Asiatique, néanmoins des caractéristiques physiques Europoïdes se rencontre régulièrement dans la population (des cheveux châtains, roux et tirant sur le blond, des yeux verts et bleus et des peaux pâles) et certaines langues de la région bien que de la famille turco-mongole ont un vocabulaire contenant beaucoup de mots d’origine Indo-européenne. Les tests génétiques sur les Ouïghours, l’ethnie Turco-mongole majoritaire de la région, ont révélé un grand mélange, parmi les haplogroupes relevés se trouvaient une proportion non négligeable d’haplogroupes ADN-Y du type R1 (présence de R1a et de r1b) et d’haplogroupes ADNmt ouest-eurasiens/européens (et comme précédemment évoqué, les tests sur l’ADN ancien des momies de cet endroit confirment aussi une présence importante d’hapologroupes ouest-eurasiens/européens).

Les plus anciennes momies trouvées à ce jour au Xinjiang datent des environs de 2000 avant Jésus Christ (parmi les plus anciennes momies, la beauté de Loulan, une femme rousse et son enfant, qui ont été datés de 1800 avant J.C.). Les plus anciennes traces de populations ouest-eurasiennes/europoïdes sont apparemment trouvées en premier dans l’est du bassin du Tarim (Xinjiang) mais aussi dans le nord-ouest du Gansu (la région à l’ouest du Xinjiang) ce qui pourrait bien confirmer l’origine sud-Sibérienne de cette population (de la culture Afanasevo apparaissant vers -3500, constituée par une population europoïde apparemment issue des régions du nord de la mer noire (plus de détails seront donnés ailleurs) et issues soit de la période finale de la culture Srednij stog soit durant la période de la  culture Yamna).

Article Français de wikipédia sur les momies du Xinjiang

Article en Anglais de wikipédia sur les momies du Xinjiang

Article du Khaleej Times d’après des informations de l’AFP sur les momies du Xinjiang (en anglais)

Carte de la région d'Asie concernée.

Carte de la région (en couleur claire, pour repère, l'Afghanistan).

De même dans l’Altaï, aux portes de la Mongolie, l’on a trouvé des momies ayant pour caractéristiques d’avoir la peau pâle et les cheveux blonds (et de fait les restes humains jusqu’à l’âge du fer sont clairement typiquement “caucasien”, dans le sud de la Sibérie). Ces momies de plus de 2500 ans appartenaient a un peuple Scythe et était donc un peuple Indo-Européen parlant une langue Indo-iranienne apparentée au Perse, comme tous les peuples Scythes (Peuples appelés Sakas en Asie (Saces en Français)).
Les individus de cette culture ont été nommés Pazyryk par les archéologues.

Liens en anglais :

http://en.wikipedia.org/wiki/Pazyryk_burials

http://www.pbs.org/wgbh/nova/transcripts/2517siberian.html

http://www.spiegel.de/international/0,1518,433600,00.html

Momie Scytho-sibérienne de Tuva (République de Russie, au nord de l'ouest de la Mongolie)

Momie Scytho-sibérienne du Tuva (République de Russie, au nord de l'ouest de la Mongolie)

Il semble probable qu’à une époque ancienne, une bonne partie de l’Asie centrale (ainsi que le sud de la Sibérie occidentale et centrale) était peuplée en grande partie de peuples blancs Indo-européens, jusqu’à ce que les hordes Turco-mongoles l’investissent pour de bon et s’imposent en maîtres sur ces régions (plus de détails).

Des études génétiques récentes (2004 et 2009) sur des restes humains de l’âge du bronze et du fer de l’Asie centrale et du sud de la Sibérie centrale confirment une origine très majoritairement ouest-Eurasienne/Européenne de ces populations (particulièrement dans les périodes les plus anciennes concernées – ici, l’âge du bronze (les plus anciennes dates étant de -1800)) -  notamment dans un article scientifique récent d’Human Genetics (Mai 2009) qui décrit aussi ces individus, porteur de l’haplogroupe R1a1a, comme ayant très régulièrement des yeux et des cheveux clairs et semble donc confirmer la thèse soutenue sur ce blog (lire la traduction d’un extrait de cet article).

Rappelons ici que Zarathoustra, le sage de la Perse antique, et l’Avesta situaient l’habitat d’origine des Aryens (Aryanem Vaejah) en Asie centrale, selon certains historiens (ce qui correspondrait bien avec la culture ancienne d’Andronovo, datant de l’âge du bronze et semblant être une culture possiblement reliée aux anciennes cultures Indo-iraniennes (de nombreux éléments rendent cette théorie crédible), ou d’Afanasevo, plus ancienne, s’étendant du centre du Kazakhstan à l’ouest de la Mongolie et dont les sépultures ont de remarquables ressemblances avec les sépultures de la culture Yamna en Ukraine – même s’il est beaucoup plus vraisemblable qu’il faille voir pour cette dernière, la culture d’Afanasevo, l’arrivée de l’ancêtre de la langue Tokharienne (langue ayant plus en commun avec les langues Indo-européennes de l’ouest (y compris des points communs avec le Hittite) qu’avec les langues Indo-iraniennes d’Asie, pourtant plus proches géographiquement).

Tout les points énumérés précédemment semblent pouvoir nous donner des indications sur le type physique des peuples Indo-européens originels et leur point de départ. Mais il est intéressant de constater que près de 4000 ans (plus de 5500 ans pour certaines régions d’Europe et d’Asie (et même apparemment plus de 6000 ans pour les premiers mouvements en Europe du sud-est (sans doute à l’origine des langues Anatoliennes)) après ces mouvements de population supposés (une période de temps très longue puisque cela nous renvoie à l’âge du bronze (et au Chalcolithique pour les périodes les plus anciennes) – pour comparaison, Ramsès II vivait il y a environ 3200 ans), l’on trouve toujours, semble-t-il, des traces visibles de ces migrations dans les populations locales.
Malgré une population qui devait être bien moindre que celle des autochtones, malgré les guerres et invasions (Invasion Islamiques très sanglantes en Asie du Sud, Invasion très sanglantes des Mongols et des Timourides), malgré peut-être des gènes récessifs, l’ont peut toujours voir ce qui pourrait bien être l’expression visible des gènes de ce peuple. Il semble bien que des peuples Blancs se soient mélangés avec ces populations Asiatiques (en fait, en conclusion d’études génétiques de 2000 et 2006, les traces de présence ouest-Eurasienne semblent même mener jusqu’au Shandong, région du nord de la Chine bordant la mer Jaune).

Même s’ils ne sont, dans l’ensemble, PAS représentatif de la population générale de ces régions (les raisons de cette rareté), encore que pour certaines de ces régions ils ne soient pas rares non plus, voici quelques exemples de phénotypes Asiatiques particulièrement éloquents dans une suite d’articles par régions d’Asie :

—————————————————

Commentaires Fermés

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.